En fin d'année 2008, nous avons passé quatre jours sur l'atoll de Mataiva dans les Tuamotu-Gambier. Nous vous proposons de faire plus amples connaissance de ce petit paradis sur terre.

Géographiquement parlant

Un peu d'histoire

L'économie locale

Les curiosités

La vie du village

   

GEOGRAPHIQUEMENT PARLANT

Situé à un peu de 300 kilomètres au nord de l'île de Tahiti, Mataiva est un atoll mesurant 10 kilomètres de long d'Est en Ouest sur 5,3 kilomètres de Nord au Sud. Il se situe à l'extrémité Nord-Ouest de l'archipel des Tuamotu-Gambier, plus précisément 14° 53' sud de latitude et 148° 40' ouest de longitude et enfin, il est à 311 kilomètres de Tahiti et 79 de Rangiroa. Le point culminant se situe à... 14 mètres au dessus du niveau de la mer.

Les Tuamotu-Gambier

A l'origine, il y a plus de 50 millions d'années, s'élevait le premier des 77 volcans de cet archipel.
D'une superficie de 50 km2, le lagon s'ouvre à la mer par une étroite passe (non naviguable) située au nord-ouest de l'île.
C'est autour de cette dernière que s'étend le village de Pahua et ses 250 habitants (environs). Ce lagon est composé de 70 bassins d'environ 8 mètres de profondeur.
Huit autres hoas, des chenaux peu profonds, communiquent avec la mer. Ceux-ci sont situés au sud de l'île.

De ceux-ci vient le nom de Mataiva qui signifie littéralement "Neuf Yeux".

Le plan de Mataiva

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UN PEU D'HISTOIRE

Mataiva fut découvert le 30 juillet 1820 par l'amiral et explorateur russe Fabian Gottlieb von Bellingshausen (1778-1852).

 

Celui-ci nait dans une famille noble allemande dans le domaine de Lahetaguse sur l'île de Saaremaa en Estonie, qui était à l'époque une province de l'empire russe. Il s'engage comme cadet dans la Marine impériale russe à l’âge de 10 ans. Grand admirateur des voyages de Cook, il embarque lors de la première expédition russe autour du monde sur le vaisseau Nadejda (« Espoir ») sous le commandement d'Adam Johann von Krusenstern en 1803 et achève sa mission en 1806. Il poursuit sa carrière en commandant différents navires en mer Baltique et en mer Noire.

En 1819, quand le tsar Alexandre Ier autorise une expédition dans les mers polaires australes, l'amirauté choisit Bellingshausen pour la diriger. Le 5 septembre de la même année, il quitte Portsmouth avec 2 navires, une corvette de 600 tonneaux, le Vostok (« l'Orient ») et un navire de soutien de 530 tonneaux le Mirnyi (« le Pacifique », commandé par Mikhail Petrovich Lazarev) à destination de la Géorgie du Sud qu'il atteindra en décembre.

 

 

Bellingshausen

Le 26 janvier 1820, il est le premier explorateur à franchir le cercle polaire antarctique après James Cook. Le 28 janvier, l'expédition découvre les terres continentales de l'Antarctique. Il aperçoit des champs de glace.

Durant son voyage, Bellingshausen visite aussi les îles Shetland du Sud et découvre et nomme l'île Pierre Ier.

L'expédition continue dans le Pacifique en remontant vers les tropiques. Il arrive à Rio de Janeiro en mars 1821.

Après son retour à Kronstadt le 4 août 1821, sans accueil triomphal, Bellingshausen continue de servir le tsar. Il combat dans la guerre russo-turque de 1828-1829 et obtient le grade d'amiral. Il devient en 1839 gouverneur de Kronstadt et y meurt en 1852. (source : fr.wikipedia.org).

Il faut noter qu'un atoll faisant partie des îles sous le Vent dans l'archipel des Sociétés se nomme Bellingshausen en l'honneur de ce navigateur.

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L'ECONOMIE LOCALE

L'économie repose essentiellement sur la culture du coprah. Les cocotiers sont omniprésents sur l'île et les motu alentours. Cependant, cet atoll recèle dans son sous-sol un immense gisement de phosphate. Celui-ci a déjà été exploité précédemment mais ne l'est plus actuellement pour des raisons de préservation de l'environnement.


Enfin, il est possible de séjourner quelques jours soit chez l'occupant, soit dans une pension et dans ce cas, d'apprécier pleinement le charme de cette île.


Il faut quand même savoir qu'en cas de séjour en pension, le confort sera relativement spartiate. Les repas se prennent en commun et se composent essentiellement de poissons. Ici, la "fiu" attitude prend toute sa signification et le temps défile tranquillement sans stress.

Les cocoteraies

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LES CURIOSITES

Les pensions proposent généralement des séjours de trois ou quatre jours. Durant ce laps de temps, les touristes ont tout loisir d'apprécier cet atoll.

Ceux-ci seront surpris par la tranquilité des lieux. L'accueil est à mettre en avant et les habitants sont toujours souriants. Ceux-ci se réunissent en fin de journée, avant la tombée de la nuit, autour des trois "magasins" de l'île, seuls lieux de rencontres de cette petite île au charme indéniable.

Vue du lagon, on aperçoit nettement les bassins où le pilote du bateau ne peut avancer sans soit descendre de ce dernier soit le laisser aller sur sa lancée, sous peine de voir casser son hélice.
L'atoll
Ainsi, la traversée du lagon est déjà à elle seule une curiosité. En raison des nombreux bassins, le pilote de la barque est-il amené à descendre de celle-ci pour passer les nombreux bans de sable.
Incontournable sur le vaste lagon, le "pito" ou en français le "nombril" de Mataiva ou encore Mataiva papa. Il s'agit d'un minuscule ilôt rocheux en plein milieu du lagon.
Complétement isolé, il faut poser pied à "l'eau" pour y accéder. Dans quelques centimètres d'eau, au milieu de très nombreux rori, des concombres de mer, on apprécie le paysage sur 360°.
Le pito
Poursuivant la balade sur le "plan d'eau", la prochaine escale est pour l'île aux oiseaux où vous pouvez observer de très près les sternes huppées et les fous à pieds rouges. Vous promenant sur ce motu, vous serez "attaqués" par des oiseaux protégeant leur progéniture. Suivant le guide, vous pourrez peut-être avoir le plaisir de tenir dans vos mains un de ces oiseaux ou oisillons.
L'île aux oiseaux

Certainement au cours de votre séjour aurez-vous eu la chance de déjeuner du poisson perroquet directement grillé sur un barbecue improvisé. De le manger simplement accompagné de riz. Et d'apprécier ce véritable moment de bonheur en mangeant simplement avec vos.... doigts.

Des perroquets cuits sur barbecue

De l'autre côté de Mataiva se dresse, bien conservé un marae en forme de trône. Celui-ci destiné au roi Tù, figure légendaire de Polynésie française. Il s'agissait d'un géant de plusieurs mètres à qui il suffisait trois foulées pour traverser de long en large le lagon et éliminer ses ennemis.
C'est tout ce qu'il reste de ce qui fut, jusqu'en 1906, le principal village de l'île.
Sur ce site se trouvent quatre "hoa" qui permettent à l'eau de l'océan de communiquer avec le lagon.
C'est donc ici que le roi Tù fit construire un trône en dalle de corail (au centre de la photo).

Tout autour de Mataiva, sur plusieurs dizaines de mètres, s'étirent des zones vides de végétation et d'eau. Une fois par mois, la marée montante envahit toute cette partie.
C'est donc au plus près de la végétation que l'on peut trouver de nombreux coquillages et entre autres les célèbres porcelaines dont de splendides orangées.

L'Océan

Le Rocher de la Tortue.
C'est sur cette plage que viennent tous les ans vers le mois de juillet pondre leurs oeufs les tortues marines.
Ce bloc de calcaire de trois mètres de haut environ détient un secret que seuls les habitants de Mataiva détiennent... Ceux-ci observent, quelque soit l'endroit où ils se situent sur l'île, le ciel. Quand un nuage prend la forme du rocher, cela signifie que durant la nuit qui va suivre, les tortues vont sortir de l'eau pour venir pondre sur la plage où se dresse cette sentinelle de pierre.

Le Rocher de la Tortue

Le bateau fantôme
Une autre des curiosités de Mataiva, et non des moindres, et celle de ce bateau échoué au beau milieu de la végétation, près du village. De celui-ci ne subsiste que des amas de carcasse rouillée et quelques poutres de bois. Il s'agit des restes d'un bateau de commerce qui se serait échoué pendant un cyclone sur le récif de Mataiva en 1906. Au fil des cyclones et des années, les restes de l'avant du bateau se retrouvèrent ainsi dans la végétation.

Le bateau fantôme

Au sud de l'île se trouve un important platier coupé par une éphémère "route" recouverte par la mer lors des marées hautes. Cet endroit envahi de vastes plans d'eau de mer se révèle un endroit de rêve pour les pêcheurs amateurs. Inutile de mettre les pieds dans l'eau pour voir de nombreux poissons locaux. Armé d'un simple morceau de bois au bout duquel pend un fil de pêche et un hameçon dans lequel vous aurez piqué un Bernard-Lhermite (sans sa coquille), vous n'aurez aucun mal à attraper ces splendides perroquets. Avec un peu de chance et un bon fil de pêche, vous pourrez même attraper une murène et apprécierez alors la force de ce poisson.

Les platiers

Mataiva dispose de sa propre "piscine". En fait, il s'agit de tests d'exploitation de phosphate dont regorge l'atoll de Mataiva. C'est un endroit très agréable où se baigner. Un arbre situé au bord de cette piscine fait un excellent plongeoir pour apprécier la tiédeur de l'eau.

La piscine

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LA VIE DU VILLAGE

Pahua, malgré le faible nombre d'habitants, compte nombre d'églises. Quelles soient catholique (la photo), adventiste ou protestante. On ne compte pas moins de quatre lieux de culte sur Mataiva. Ceux-ci sont évidemment situés dans l'unique village de Mataiva.

L'église catholique

Mataiva ne dispose pour seule source d'énergie que de ce groupe électrogène. Celui-ci ne fonctionne pas toute la journée et se coupe généralement vers 22 heures. Passé cet horaire, les habitants s'éclairent avec de propres groupes électrogènes (assez rares) ou avec des lampes tempêtes. Ceci-dit, à 22 heures, il n'y a plus grand monde dans les "rues" de Mataiva.

Le groupe électrogène

Pahua dispose de trois épiceries. Celles-ci sont également des centres de rencontres où se retrouvent les habitants le soir en rentrant des cocoteraies. Ils s'y retrouvent pour boire une Hinano ou une Heineken.
Ces épiceries fournissent également tout le nécessaire dont pourraient avoir besoin les habitants. Cela va de l'hameçon pour la pêche au baril de lessive en passant par les incontournables chaussures en plastique.
Un bateau passe tous les quinze jours pour récupérer le coprah. C'est à ce moment que sont également livrés les victualles et autres articles que commandent les habitants.
Véritable lieu de chaleur, c'est un des lieux qu'il ne faut pas louper en visitant Mataiva.

Un des trois épiceries

Il n'existe qu'une seule école à Mataiva. De construction récente, celle-ci fait également office d'abri anti-cyclonique où va se réfugier la population en cas d'alerte.

L'école

L'aéroport est véritablement le principal centre de vie de Pahua. Vide toute la semaine, ce lieu s'anime dès que s'annonce un avion. A l'approche de l'heure d'atterrissage de l'avion de la compagnie d'Air Tahiti , les habitants se font plus nombreux pour se retrouver et se rencontrer.

L'aéroport

Véritable poumon économique de Mataiva, les séchoirs à coprah sont omniprésents. On en trouve aussi bien dans les cocoteraies qu'aux abords des habitations. Les gens passent alors leur journée à débarasser les noix de coco de leur bourre pour en extraire le coco qu'ils font sécher dans des séchoirs.

Le séchoir à coprah

Les villageois ont installé de nombreux parcs à poissons dans le lagon. Viennent s'y perdre de nombreux poissons perroquets, papillons, lune mais également de très nombreuses raies, murènes et parfois requins à pointe noire.

Un parc à poissons

L'Aranui IV passe tous les 15 jours récupérer le coprah séché. Il en profite pour livrer les subsistances de la population. Cependant, ce bateau ne peut accéder sur le quai de Pahua. Aussi, c'est en barge qu'il accède au village faisant les navettes entre la terre et le bateau autant de fois que nécessaire.

L'Aranui IV
   

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